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Selon le dernier rapport du GIEC, les catastrophes naturelles vont se multiplier et s’intensifier partout dans le monde, d’ici 2050.

Cette année, nous avons eu droit à un florilège de ce qui nous attend : inondations, vagues de chaleur, sécheresse, incendie, ouragans… avec leurs conséquences désastreuses sur les villes et les populations. Le coût mondial des catastrophes naturelles est estimé à 221 milliards d’euros en 2021 (selon le réassureur Swiss Re).

Mais, au-delà de ces impacts, le dérèglement climatique pose la question de la vulnérabilité des constructions et leur capacité à résister à des événements de plus en plus intenses et fréquents. Aujourd’hui, construire en fonction du changement climatique n’est plus une option mais un impératif. Il faut repenser la façon d’envisager la ville mais aussi la manière de travailler et privilégier certains matériaux et techniques, … pour permettre au secteur de la Construction de s’adapter !

Les catastrophes naturelles s'intensifient et impactent le BTP

La question de l’adaptation des bâtiments au changement climatique est plus que jamais primordiale face à une nature qui se déchaine :

 Les précipitations intenses et inondations qui provoquent des coulées de boue et rendent les sols imperméables ont des incidences directes sur les bâtiments et les infrastructures. La montée des eaux prévue pour ce siècle met en danger toutes les constructions réalisées en zones basses et proches du littoral, ou les constructions disposant de sous-sols. En France, le risque d'inondation est le premier risque naturel par l’importance des dommages qu’il provoque, le nombre de communes concernées, l’étendue des zones inondables (27 000 km²) et les populations résidant dans ces zones (5,1 millions de personnes). Ce risque concerne 16 000 communes dont 300 agglomérations. Mais, les récentes catastrophes montrent à quel point l’ensemble du territoire français est vulnérable, qu’il s’agisse des zones urbaines ou rurales.

 
Le monde sera confronté à de multiples aléas climatiques inéluctables au cours des deux prochaines décennies avec un réchauffement planétaire de 1,5°C. Le dépassement, même temporaire, d'un tel niveau de réchauffement entraînera des conséquences graves supplémentaires, dont certaines seront irréversibles. Les risques pour la société augmenteront, y compris pour l'infrastructure et les établissements humains sur les côtes de basse altitude.

Extrait du communiqué relatif au sixième rapport d'évaluation du Giec (2022)

Canicules, vagues de chaleur et sécheresses impactent également les bâtiments. Elles sont à l’origine de fissures sur les façades, les murs et les sols et d’affaissements de dallage. Sur la période allant de 1982 à 2019, 8 000 communes françaises ont été reconnues au moins une fois en état de catastrophe naturelle à cause de la sécheresse, pour un coût total de près 14 milliards d’euros.

Les vagues de froid extrême ont également des conséquences directes sur les bâtiments notamment à cause des phases de gel et de dégel.

Ces catastrophes naturelles bouleversent tout le secteur de la construction. Elles commencent dès à présent à avoir des conséquences déplorables avec la multiplication des retards, des coûts supplémentaires, ... Les événements météorologiques extrêmes vont accroitre également les besoins de travaux de réparation et de reconstruction.  Il va donc falloir rapidement s’adapter et concevoir les bâtiments autrement.

 

Heat City

 

La Construction doit s'adapter et se réinventer

> Avec une nouvelle approche de la ville

Selon l'ONU, près de 70 % de la population mondiale vivra en ville d'ici 2050. Les villes sont donc particulièrement concernées par les défis que pose le dérèglement climatique.

Elles doivent dès à présent se réinventer pour devenir plus résiliantes et plus durables. Si elles sont, en grande partie, responsables des dérives climatiques actuelles du fait de la pollution qu’elles génèrent (70 % des émissions globales à l’échelle mondiale), elles sont également victimes des catastrophes naturelles. Elles vont devoir anticiper les risques et faire preuve d'adaptation face aux menaces climatiques. 

L’exemple de l’Indonésie : La capitale du pays va être transférée de l’île de Java à Bornéo notamment pour des raisons climatiques (risques sismiques mais surtout tsunamis et inondations). Le quartier nord de Jakarta se serait déjà enfoncé de 2,5 mètres en dix ans. 

L’exemple de Venise : La cité lacustre a mis en place le projet ‘‘Mose’’ qui consiste à installer 78 digues flottantes qui peuvent se lever en 30 minutes pour fermer la lagune en cas de montée de la mer, et stopper ainsi la montée des eaux.

L’exemple des Pays-Bas : En plus de ses digues, la technique du moteur de sable - qui permet de prélever du sable pour alimenter le premier banc de sable artificiel du monde - permet aux villes côtières de résister aux vents et marées.

Une trentaine de villes côtières ont d’ailleurs signé, le 10 février dernier, une déclaration commune pour accélérer leur transformation face au réchauffement climatique.

 

> Avec une nouvelle façon de travailler

Des transformations profondes dans les manières de travailler sont inéluctables. En France, face aux températures extrêmes, certains travaux comme faire couler du béton qui se travaille idéalement entre 5 et 25° C, ravaler des façades, travailler à plusieurs mètres de hauteur sur des chantiers, etc. ne seront plus possibles dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui. 

Au-delà des matériaux de construction, ce sont les façons de travailler et de concevoir qui vont devoir s’adapter aux nouvelles conditions météorologiques, même si aujourd’hui le code du travail ne prévoit pas de température maximale au-delà de laquelle l’activité est interdite. Il va falloir par exemple décaler les horaires de travail pour commencer plus tôt, faire des pauses plus régulières, aménager les chantiers, …

  chaleur chantier

> Avec de nouvelles techniques

Isoler pour se protéger des températures extrêmesFace à l’augmentation des températures, une bonne isolation des bâtiments et du vitrage sera un des éléments clés évitant la surutilisation des climatisations néfastes pour l’environnement : recours au double vitrage, aux vitrages dynamiques adaptables à l’ensoleillement, aux revêtements réfléchissants renvoyant la chaleur, mais aussi des matériaux de couleurs claires ou des façades/toitures végétalisées qui évitent une trop forte accumulation de la chaleur.

 Les toitures végétalisées comme stratégie d’adaptationLa végétalisation d’un bâtiment permet de baisser sensiblement sa température. La couche de végétation et l’évaporation qu’elle produit réduisent le réchauffement des surfaces du bâtiment en cas d’ensoleillement extrême l’été et diminuent la déperdition de chaleur l’hiver. Autre atout, sa capacité à retenir de l’eau de pluie pour libérer ensuite cette humidité dans l’air par évaporation.

Résistance des matériaux contre les ouragans et tremblement de terreEn fonction de la situation du bâtiment et des événements naturels prévisibles, certains matériaux ou techniques doivent être privilégiés :

    • >  Contre les vents violents, les façades ventilées.
  • >  Contre les fortes précipitations, des enduits particulièrement étanches.
  • >  Contre les risques sismiques, des matériaux flexibles et légers pour permettant d’accompagner le mouvement de la construction.

La peinture blanche pour contrer la hausse des températures

Les toits et routes de couleur claire permettent de faire baisser de plusieurs degrés la température des villes et des bâtiments. Les Grecs l’ont bien compris ! Pour faire face aux canicules et au phénomène d’ilot de chaleur urbain (bâtiments qui emmagasinent une grande partie de la chaleur qu’ils reçoivent du soleil et la libèrent pendant la nuit), la couleur blanche est une solution particulièrement efficace.

En plus des façades et toits des maisons, le procédé commence à faire des émules sur d’autres supports. Par exemple, Los Angeles expérimente les routes blanches avec environ 7°C de moins en surface du revêtement clair par rapport à l’asphalte classique.

 

White painting roof

 

> Avec les nouvelles technologies

Le secteur du BTP se digitalise et les nouvelles technologies apportent des solutions pour faciliter la construction et l’envisager différemment.

La modélisation 3D permet de créer des maquettes tridimensionnelles dont l’objectif est de tester les constructions.

Les outils de réalité virtuelle permettent ainsi de faire des projections sur l’avenir en cas par exemple d’inondation ou de sècheresse intense, de tester certains matériaux pour voir leur adaptabilité à certaines situations.

Les logiciels de suivi de chantier permettent aux équipes de travailler de façon collaborative, de prévenir en cas d’incidents, d’organiser les équipes en fonction de la météo, de gérer les plannings…. Certains d’entre eux propose des cartographies en ligne qui permettent de mieux appréhender les risques climatiques, ou encore des outils d’aide à la réalisation de diagnostics de vulnérabilité des bâtiments face aux aléas climatiques présents et futurs.

Cet été, nous avons assisté à une augmentation de la fréquence et de l’intensité des chaleurs extrêmes, des précipitations causant des inondations sans précédent ainsi que des incendies. Les catastrophes naturelles se sont succédées les unes après les autres et nombreux ont été les Français à être touchés individuellement par ces événements climatiques ravageurs, leur faisant prendre conscience que l’enjeu climatique est primordial et qu’il est temps d’agir pour la planète. Il y a urgence de mieux prévenir et combattre les catastrophes climatiques, mais aussi d’adapter nos modes de vie et nos territoires à ces nouveaux défis.

 


 

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