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Portrait du mois EY Alumni : Nizard Djemmali

23 octobre 2018

[transformation digitale, management, Bio]

Jean-Christophe Pernet, Associé EY, Middle Market, à la rencontre de Nizard Djemmali (Audit 2008-2011), Directeur administratif et financier, FINALCAD. Paru dans la newsletter EY Alumni en Octobre 2018. Merci à EY pour leur autorisation de publication.

 

Changer la façon de construire

EY : Quel a été ton parcours chez EY et comment cette expérience t’a-t-elle aidé dans ta carrière ?

Nizard Djemmali : Je suis ingénieur de formation. Je me souviens qu’à l’époque, les choses ont changé depuis, je trouvais que ce cursus manquait d’ouverture sur le monde et qu’il laissait peu de place à autre chose que les matières scientifiques. Je ne me voyais pas en faire mon métier. Lorsque j’ai vu que EY donnait sa chance aux ingénieurs, je me suis dit « pourquoi pas moi ? ». C’était l’occasion de compléter ma formation en finance et en économie tout en intégrant une grande entreprise. EY m’a permis d’acquérir de nombreuses compétences très rapidement. C’est une opportunité d’apprentissage que je n’ai pas retrouvée ailleurs.

J’ai rejoint les équipes Oil, Gas & Utilities d’EY en 2008. Cette expérience m’a non seulement permis de m’initier à toutes les facettes du métier d’auditeur (comptes statutaires, comptes conso, missions de contrôle interne...), mais surtout d’acquérir une méthodologie, de la rigueur et du professionnalisme. Ce sont des qualités qui me servent au quotidien.

EY : Pourquoi avoir décidé de quitter EY ?

J’avais envie de connaître le monde de l’entreprise de l’intérieur. Je suis entré chez Carrefour en tant qu’auditeur interne, puis chez Publicis, toujours dans le même rôle mais avec une très large part de mon travail dédiée à l’international. Je passais 85% de mon temps à l’étranger, notamment dans la région Asie-Pacifique.

EY : Tu as travaillé dans des secteurs d’activité variés

Oui, en effet. La curiosité est la qualité qui définit le mieux un bon auditeur car elle permet d’explorer dnouveaux secteurs et de s’adapter quel que soit le sujet.

EY : Depuis quand travailles-tu chez FINALCAD ?

Avant de travailler chez FINALCAD, j’ai eu l’opportunité de rejoindre une start-up proposant une solution Saas pour le secteur du marketing B2B, en tant que DAF. Nous étions une trentaine d’employés répartis entre la France et les États-Unis. FINALCAD m’a contacté en 2017 pour me proposer un poste de DAF avec plus de moyens, de nouvelles responsabilités financières, comptables, un périmètre qui comprend les systèmes d’information, une dimension RH et un volet international. La société a des opérations en France, à Singapour, au Japon et en Espagne.

EY : L’activité de FINALCAD correspond-elle plus à ta formation d’ingénieur ?

En réalité, il s’agit plus d’une synthèse entre ma formation académique et l’ouverture internationale que j’avais connue dans mes précédentes fonctions. Un jour, en Inde, nous étions sur une route flambant neuve quand la silhouette d’un immeuble éventré est apparue dans notre champ de vision. Mon chauffeur m’a expliqué qu’il s’était littéralement fendu en deux, faisant plusieurs victimes parmi ses occupants. Quand FINALCAD m’a appelé et m’a dit « nous voulons changer la façon de construire », c’est cette image-là qui m’est revenue immédiatement. Faire bouger les lignes avec la technologie dont nous disposons pour répondre au besoin primaire de se loger en toute sécurité.C’est une mission d’entreprise qui m’a tout de suite convaincu !

EY : Peux-tu nous dire quelques mots sur l’activité de FINALCAD ?

Nous éditons des logiciels qui servent principalement aux métiers de la construction. Notre avancée technologique s’appuie avant tout sur une approche de terrain. Tout ceci est cohérent avec l’histoire des fondateurs de FINALCAD qui ont commencé avec leurs appareils photos et leurs caméras à capter les bonnes et mauvaises pratiques sur les chantiers. Ils voulaient capturer les gestes et le savoir-faire du terrain afin de les diffuser au mieux. Puis, conscients du fait qu’il était difficile de capitaliser sur de la donnée vidéo, ils ont décidé de créer un logiciel qui permettait de capter et de faire parler ce savoir-faire terrain. C’est un changement majeur dans le monde de la construction. L’innovation était enfin mise à disposition du terrain alors qu’elle était auparavant réservée à une élite. Jusqu’à récemment, la population de terrain, qui peut représenter jusqu’à 80% des employés de nos clients n’était même pas équipée d’adresse mail ou de smartphones et travaillait avec le papier et le crayon. Or, quand on connaît l’importance de la qualité des constructions, il est nécessaire de changer la façon de construire en mettant à disposition des employés des outils digitaux qui faciliteront leur travail et en amélioreront les conditions. Pour rappel, à ce jour le secteur de la construction est le secteur le moins digitalisé après l’agriculture et la chasse.

EY : Peux-tu nous donner des cas concrets ?

Oui, bien sûr. La première chose qui me vient à l’esprit est la mise à disposition d’un plan sur une tablette pour remplacer le plan papier sur le chantier.

Ce plan digital est ensuite « augmenté » en ajoutant les réserves, les défauts identifiés, les contrôles réalisés lors des différentes visites de chantiers. Ils sont ensuite communiqués à un sous-traitant en charge de les résoudre. FINALCAD permet la bonne collaboration entre les différents métiers du chantier dans le but de suivre au plus près son avancement.

Une fois les données de chantier recueillies, il faut les faire parler. Nous avons par exemple remarqué que sur certains chantiers, aux appartements strictement identiques, les mêmes défauts se reproduisent de l’appartement numéro 1 à l’appartement numéro 100. Grâce à nos logiciels, nous avons identifié les défauts des premiers appartements et enrichi les fiches de contrôle pour aider les entreprises à ne plus les reproduire.

EY : Qui sont vos clients ?

Au-delà de la construction des bâtiments, nous accompagnons les métiers de l’infrastructure, les routes, les ponts, les tunnels, les rails de chemins de fer, et le monde de l’énergie. On se positionne également sur le cycle d’exploitation du bâtiment qui dure beaucoup plus longtemps que le cycle de construction.

EY : Tu disais que dans le BTP, il n’y avait pas de digitalisation ou très peu. Êtes-vous les seuls sur ce créneau en France ?

Ce qui est rassurant c’est que le marché existe. De nombreux acteurs se positionnent plutôt sur la phase d’exploitation. D’autres se spécialisent sur certains processus ; qu’il s’agisse de l’avancement ou de la levée de réserves, en France ou à l’étranger. Nous sommes les plus mûrs dans notre accompagnement et dans notre modèle économique.

EY : Vous avez une belle croissance depuis plusieurs années, comment expliquez-vous cette réussite ?

Je pense que le secteur avait besoin d’acteurs qui aident à la continuité digitale du métier. Le terrain a reçu peu d’écoute en ce qui concerne la transformation digitale parce qu’elle était réservée à une élite d’ingénieurs de bureau. Nous avons gagné notre crédibilité car nous sommes des hommes et des femmes de terrains qui peuvent aider d’autres employés qui sont sur le terrain. L'ambition de FINALCAD est de changer la façon de construire, ça donne également un état d'esprit où nous estimons, encore aujourd'hui, être à 1% de notre potentiel.

EY : Quels sont les principaux avantages de cette digitalisation ? Est-ce un gain de temps et un gain d’argent ?

Les deux ! Les ROI (Return on Investment) sont très diversifiés. Ça peut être un ROI lié à l’efficience sur les chantiers ; ou des ROI liés au fait que les entreprises de construction se connaissent beaucoup mieux. On se rend compte qu’il y a beaucoup de chantiers similaires. En mettant en relation ces entreprises, nous arrivons à leur proposer des pistes d’optimisation en dédoublonnant ou en optimisant des postes pour constituer la meilleure équipe possible.

EY : Quels sont les principaux défis à venir ?

Les défis à venir sont d’être encore plus efficace opérationnellement, de se tromper le moins possible sur la gestion des ressources et sur notre positionnement sur ce marché en croissance, mais également de recruter les bonnes personnes. Réussir l'internationalisation est une dimension supplémentaire de complexité.

EY : Peux-tu nous donner quelques chiffres sur FINALCAD ?

FINALCAD affiche un chiffre d’affaires en hausse constante. Nous comptons aujourd’hui plus de 160 collaborateurs présents dans douze pays et sur tous les continents. Nous avons également levé près de 20 millions d’euros en 2016.

EY : Quel regard portes-tu sur EY maintenant que tu es de l’autre côté de la barrière ?

Le positionnement d’EY au sein du Middle Market était un positionnement courageux. À l’époque il y avait une sorte d’élitisme, justifié ou pas, qui consistait à dire « je ne veux travailler que sur des grands comptes ». Mon manager me disait « les géants de demain sont peut-être là en train de se construire », et il avait raison : des petites entreprises et des pépites dont personne ne voulait sont apparues et sont devenues les mastodontes que nous connaissons aujourd’hui. Je vois EY comme un partenaire crédible et présent dès qu’il s’agit de nous accompagner dans des projets complexes.

EY : As-tu des passions dans le domaine privé ?

Oui, il en faut ! Je suis pilote d’avion à mes heures perdues. À l’époque, j’avais postulé auprès de deux compagnies aériennes avec la ferme volonté d’aller au bout de mon idée et d’accomplir ce rêve de gamin qui était de devenir pilote de ligne. Pour des raisons diverses ce projet n’a pas pu aboutir. J’ai donc décidé de passer mon brevet de pilote privé en 2015. Je pilote désormais des mono-moteurs qui me permettent de parcourir la région et d’aller jusqu’à la côté normande que j’affectionne particulièrement. J’essaie de voler souvent, mais je n’ai plus trop d’heures perdues avec des enfants en bas âge. C’est une passion à laquelle je consacrerai plus de temps plus tard parce qu’il y a des bons côtés à s’évader en volant.

 

Propos recueillis par EY Alumni Octobre 2018.

 

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[sécurité, QSE, QHSE]